Trafic

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Le réseau de l'ETAT était le « réseau de la mer », depuis le rachat de l'Ouest et après la cession de la ligne de Savenay à Landerneau par le P.O., il desservait la majeure partie des côtes de la Manche et de l'Atlantique.

Marchés

Malheureusement, les ressources minérales et métallifères des régions desservies, entraînant des industries de transformation et des transports lourds, étaient très limitées.

De petites houillères existaient à Littry (Calvados), Sablé (Sarthe), Faymoreau (Vendée). Par contre, le minerai de fer est exploité assez activement en Normandie vers la limite des départements de l'Orne et du Calvados et en Anjou, dans la région de Segré.

L'industrie extractive est représentée par les ardoisières d'Anjou et de Bretagne, le granit est également exploité dans ces régions pour pavés, bordures de trottoirs, parements, constructions diverses. Les pierres de taille sont exploitées dans les Charentes et le marbre dans la Mayenne. Le kaolin est extrait en Bretagne et le gypse dans les Charentes.

L'industrie métallurgique, les produits bruts et finis, les ateliers de grosse et moyenne mécanique, sont concentrés dans la région parisienne (automobiles, aviation, machines, tuyaux), mais malheureusement, ce trafic très important, tant de matières premières que de produits finis, empruntait assez peu les rails du réseau de l'Etat et antérieurement ceux de l'Ouest. Ces industries existent également auprès ou aux alentours des grands ports et des métropoles régionales Rouen, Le Havre, Caen, Le Mans, Rennes, Angers, Nantes.

Des chantiers de constructions navales existaient à Cherbourg, Brest, Lorient, Nantes, St-Nazaire, Rochefort.

Des usines, les unes traitant le plomb existaient en Vendée, les autres, le zinc à Rochefort et le cuivre en Normandie (Le Havre, Cabourg). Les usines métallurgiques de Mondeville près Caen, nées du bassin sidérurgique de Normandie, sont très importantes et possèdent un réseau ferré de 30 km.

Des ateliers construisaient du matériel de chemin de fer à Gaillon, Nantes, Aytré (Charente-Maritime).

De grandes câbleries existaient à Clichy, aux Mureaux, à Conflans, Poissy, au Havre.

Des ateliers de construction pour l'électricité étaient nombreux dans la banlieue Nord-Ouest de Paris, à Petit-Quevilly, etc.

Des usines de produits chimiques étaient installées à Rouen, au Havre, Nantes, Tonnay-Charente.

Des ateliers de machines à bois existaient à Dives et de machines agricoles à Nogent-le-Rotrou, Le Mans, etc.

Des usines textiles, fabriquant du drap, des toiles ou autres, étaient essaimées en Normandie (Elbeuf, Darnetal, Vimoutiers, Flers), à Cholet, en Vendée, et des usines fabriquaient des chaussures à Rouen, Fougères, etc. Niort avait des tanneries.

D'importantes papeteries étaient installées à Rouen et dans les Charentes. Le contreplaqué et les placages étaient fabriqués à Rouen, Lisieux, Le Havre, Niort, Rochefort. Des cimenteries étaient essaimées dans la vallée de la Seine et des briqueteries existaient en divers points de Normandie, du Perche, du Dunois. Sèvres (Seine-et-Oise) possédait une importante porcelainerie et des verreries étaient installées en divers points de Normandie.

Le caoutchouc était traité dans la proche banlieue et des huileries étaient installées à Rouen et au Havre.

Réseau avant tout agricole, le réseau de l'Etat contribuait pour une forte proportion à l'approvisionnement alimentaire varié de Paris et de sa banlieue, ainsi que de divers grands centres.

L'élevage des bovins des races normande et bretonne, était particulièrement prospère dans le Perche, en Bretagne, en Normandie, en Anjou, dans le Poitou. Les porcins étaient surtout élevés en Bretagne et en Anjou. Le Perche et la Normandie élevaient des chevaux de trait et de demi-sang. Naturellement, l'industrie laitière et ses dérivés est très développée en Normandie, dans le Perche, en Bretagne, en Touraine, en Poitou, dans les Charentes. Les pommes de terre sont cultivées dans les terres siliceuses de Bretagne et les primeurs sur les côtes bretonnes, par suite de l'adoucissement du climat procuré par le Gulf-Stream, notamment les choux-fleurs, les petits pois. Les primeurs sont également cultivés en Basse-Loire. Le Morbihan, aux terres siliceuses, cultive le seigle; l'Eure et l'Eure-et-Loir cultivent l'orge, et la Beauce, diverses céréales.

Des conserveries existaient en divers points de Bretagne et notamment à Nantes.

Des vins de qualité étaient produits en Maine-et-Loire (Saumur), en Loire-Atlantique et dans les Charentes, ainsi que des eaux-de-vie dans cette dernière région. En raison de la culture intensive des pommes, des cidreries étaient installées en Bretagne, en Normandie, dans le Maine.

Les produits de la mer et de la pêche, provenant des nombreux ports du littoral de la Manche et de l'Atlantique Dieppe, Fécamp, Honfleur, St-Malo, Granville, Paimpol, Roscoff, Camaret, Douarnenez, St-Guénolé, Le Croisic, Pornic, Fromentine, St-Gilles, Les Sables-d'Olonne, Aiguillon-sur-Mer, Fouras, Le Chapus, etc., donnaient lieu à un important trafic.

Si les stations thermales (Bagnoles) sont rares, par contre les stations balnéaires sont nombreuses et pendant l'été, le trafic voyageurs accuse des pointes impressionnantes.

Résultats

En 1937, dernière année d'existence du réseau d'Etat, en tant qu'entité administrative et technique, la longueur concédée était de 9 589 km, y compris le réseau breton, mais les Tramways de la Vendée exclus (366 km), ainsi que la portion de la Grande Ceinture exploitée par l'Etat.

Cette même année, les parcours des trains se subdivisaient ainsi :

  • Voyageurs et mixtes : 44 564 281 km
  • Autorails : 5 333 273 km
  • Trains de service : 1 041 478 km
  • Marchandises : 26 477 297 km

Soit un total de : 77 416 329 km

Les recettes ont atteint près de deux milliards de francs.

Le nombre de voyageurs transportés s'est élevé à 186 000 000 en chiffres ronds dont 130 000 000 pour la banlieue, et le tonnage des marchandises a atteint 30 700 000 tonnes, plus 107 100 tonnes de bagages et de colis postaux, trafic considérable, dont il convient de remarquer, en ce qui concerne les voyageurs, le pourcentage énorme, atteint sur aucun autre réseau, des voyageurs de banlieue qui était de l'ordre de 69 %. Ceci était de nature à expliquer, dans une certaine mesure, les insuffisances d'exploitation endémiques de l'ancien réseau de l'Ouest, puis de celui de l'Etat.

Le tonnage des combustibles minéraux s'élevait à 5 361 212 t ou 17,5 %, les matériaux de construction représentaient 9 % avec 2 772 483 t et les engrais et amendements, 7,7 % avec 2 364 770 t, les céréales 7,2 % avec 2 209 984 t et les minerais 4,8 % avec 1 483 000 t.

En outre le réseau de l'Etat exploitait, en vertu de conventions locales avec les départements intéressés, les lignes à voie normale d'intérêt local ci-après désignées :

  • de Chars à Marines (Seine-et-Oise), soit 6 km,
  • de Ligré-Rivière à Richelieu (Indre-et-Loire), soit 16 km,
  • du Pallet à Vallet (Loire-Inférieure), soit 6,4 km,

Les recettes de ces lignes se sont élevées, pour l'exercice considéré, à 317 000 francs.